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CADRE JURIDIQUE DES PERSONNES HANDICAPEES Version imprimable Suggérer par mail

Madagascar dispose d’un arsenal juridique complet sur les personnes handicapées : une loi, un décret d’application et 6 arrêtés interministériels. La question qui se pose est de savoir quelle portée juridique accorder à cet ensemble de textes constituant le cadre juridique devant régir les droits, les intérêts des personnes handicapées ? Ensuite, quel est le contenu de ces textes ? Que signifie–t–il concrètement ? La réponse à ces questions permet de conclure que le groupe vulnérable que constituent les personnes handicapées, toutes déficiences confondues, est mal perçu par les pouvoirs publics et par la société en général. C’est ce que reflète l’état actuel du cadre juridique qui n’est pas mauvais en soi mais reste inefficace, faute d’effectivité.

 

Le Gouvernement a adopté dès 1997 une loi sur les droits des personnes handicapées. Cette loi a pour objet «d’assurer à toutes personnes handicapées la reconnaissance, la jouissance et l’exercice par elles-mêmes ou par d’autres personnes de tous les droits reconnus à tous citoyens sans distinction». (Article 1 de la loi 97-044 du 02 février 1998). Elle fait suite à des revendications des associations des personnes handicapées, appuyées par des partenaires techniques et Financiers, notamment Handicap International et l’Ambassade des Etats-Unis.

 

Petite historique

 

Dès 1995, l’association «Fondation Ikoriantsoa» a animé la revendication d’une loi spécifique sur les droits des personnes handicapées. Les leaders de l’association ont obtenu la bénédiction du ministère de tutelle et d’un appui financier de l’Ambassade des Etats-Unis et de Handicap International. Ils ont effectué une tournée nationale pour collecter les avis des personnes handicapées de toutes les régions. La rédaction de la proposition de loi est assurée par un bureau d’étude. Elle porte sur quatre points : l’emploi, la santé, le transport et l’éducation. Une première rencontre nationale de toutes les associations des personnes handicapées a validé la version finale de la proposition. Par la suite, la Fondation a soutenu cette proposition devant l’assemblée nationale, en vue de son adoption.  

 

Un peu plus de trois ans après sa promulgation, le conseil du gouvernement du 21 février 2001 a vu l’adoption du décret d’application de la loi sur les personnes handicapées, qui est censé refléter la coordination des efforts à mener pour leur assurer la reconnaissance, la jouissance et l’exercice par elles-mêmes ou par d’autres personnes, de tous les droits reconnus à tout citoyen sans distinction, et des actions à entreprendre dans le cadre de la décennie 2000-2009, conformément à la résolution de l’Union africaine. Cette promulgation tire son origine de l’atelier de mobilisation et de plaidoyer auprès des instances décisionnelles sur l’effectivité de la loi n° 97-044 , initié par le Ministère de la Population, de la Protection Sociale et des Loisirs en 2000. Cet atelier a vu la participation des associations oeuvrant pour les personnes en situation de handicap et les associations des personnes handicapées nationales et internationales (FEPAPHAM, UNAHM, Handicap international, COPH, IKORIANTSOA,…) 

Les arrêtés interministériels

 

Bien que la loi 97-044 soit complétée au fil des ans par six arrêtés interministériels, les personnes handicapées restent toujours victimes d’exclusion et de marginalisation, tant en milieu urbain que rural. La majorité des adultes n’ont pas, en effet, accès à l’emploi ni à la formation professionnelle. L’accès à la réadaptation fonctionnelle et à l’insertion sociale demeure difficile et profondément inégal au regard des disparités sociales et géographiques. Enfin, le regard porté sur une personne handicapée reste marquée dans de nombreuses zones du pays par des traditions identifiant le handicap comme la conséquence d’actes de sorcellerie et/ou de malédiction ancestrale. 

FORCES ET FAIBLESSES DES DISPOSITIFS JURIDIQUES MALGACHES SUR LES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES

 

Forces : 

  • Implication de la société civile (association de personnes handicapées) dans le processus d’adoption de la loi et dans l’opérationnalisation du cadre juridique.
  • Ex : Art.36 du Décret. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) oeuvrant pour les Personnes handicapées sont consultées chaque fois qu’il y a lieu de concevoir ou de concrétiser des mesures et réalisations les concernant.
  • Objectif de la loi : assurer à toutes personnes handicapées la reconnaissance, la jouissance et l'exercice par elles-mêmes ou par d'autres personnes de tous les droits reconnus à tous les citoyens sans distinction.
  • Reconnaissance d’un grand nombre de droits sociaux  et économiques.
  • Existence d’un cadre juridique sur lequel s’appuyer pour mettre en œuvre des actions de lobbying et engager des actions de développement inclusif.

 

Faiblesses : 

  • La définition du handicap proposée par la loi limite celui-ci à la notion de déficience. La dimension environnementale du handicap n’est pas clairement reconnue. (Art. 2-loi 97-044 )
  • Les droits civils et politiques ne sont pas explicitement exprimés dans les textes juridiques adoptés bien que la loi indique que les personnes handicapées jouissent de l’ensemble des droits reconnus aux citoyens par la Constitution.
  • Les différents textes ne créent aucune obligation dans la prise en compte du handicap. Ils incitent, invitent, favorisent et encouragent.
  • Ex : Art. 12 - L'État incite les entités concernées à procéder à l'aménagement des infrastructures des écoles privées et publiques dans le but de mieux assurer l'accès et la sécurité des élèves handicapés.
  •   Le système juridique mis en place ne crée pas de dispositifs de suivi–évaluation pour la mise en œuvre des dispositions juridiques adoptées.
  • Diffusion limitée de la loi auprès des services publics concernés, du secteur privé et de la population. Aucun mécanisme de vulgarisation prévu.
  •  Traduction opérationnelle insuffisante tant sur le plan des politiques d’intervention que des dispositifs institutionnels (création d’une commission nationale et de commissions interrégionales pour les personnes handicapées).

LES PRINCIPAUX TEXTES JURIDIQUES SUR LES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES

 

Loi 97-044 sur les droits des personnes handicapées du 02 février 1998


Art1:

La présente loi a pour objectif d’assurer à toutes personnes handicapées la reconnaissance, la jouissance et l’exercice par elles-mêmes ou par d’autres personnes de tous les droits reconnus à tous les citoyens sans distinction.


Art2:
L’expression «personnes handicapées » désigne toute personne qui présente une déficience congénitale ou acquise dans ses capacités physiques ou mentales et qui l’empêche d’assurer personnellement tout ou partie des nécessités d’une vie individuelle ou sociale normale.

 

Décret d’application n°2001-162 du 20 février 2001 portant application de la loi 97-044

 

ARRETE INTERMINISTERIEL n°23144/2004 PORTANT APPLICATION DES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES DANS LE DOMAINE EDUCATIF

Article premier : Conformément aux dispositions des articles 17 à 25 du décret n°2001-162 du 21 Février 2001, les enfants handicapés doivent bénéficier des droits à la scolarité, au même titre que tous autres enfants en âge scolaire.

 

ARRETE INTERMINISTERIEL n°23145/2004 PORTANT APPLICATION DES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES AUX FORMATIONS PROFESSIONNELLES ET PROFESSIONNALISANTES

Article premier: Conformément aux dispositions du décret n°2001-162 du 21 Février 2001 portant application de la loi n°97-044 du 02 Février 1998 sur les droits des personnes handicapées, relatives à la formation professionnelle et technique, la formation professionnelle et technique est, pour toute personne handicapée, un droit auquel peut prétendre et aux obligations découlant duquel elle est tenue au même titre que toute autre personne valide.

 

ARRETE INTERMINISTERIEL N°24665/2004 PORTANT APPLICATION DES

DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES EN MATIERE DE SANTE

Article premier :

Conformément aux dispositions aux articles 7 à 16 du décret n° 2001-162 portant application de la loi n°97-044 du 02 Février 1998 sur les droits des Personnes Handicapées, toute personne handicapée a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental et/ou sensoriel.

 

ARRETE INTERMINISTERIEL n°24667/2004 PORTANT APPLICATION DES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES DANS LE DOMAINE DE L’EMPLOI ET DU TRAVAIL

 

Article 1

Conformément aux dispositions du décret n°2001-16 2 du 21 Février 2001 portant application de la loi n°97-044 sur les droits des Personnes Handicapées concernant le domaine du travail et de l’Emploi.

Toute Personne Handicapée ayant la qualification requise peuvent occuper  un travail dans la limite de son aptitude physique, mentale et sensorielle en fonction de son état de santé.

Article 2
Aucune discrimination ne peut ni ne doit être faite en matière de travail , d’emploi .et de salaire

 

ARRETE INTERMINISTERIEL n° 24668/2004 PORTANT APPLICATION DES DROITS SOCIAUX DES PERSONNES HANDICAPEES

Article premier

L’Etat, les Collectivités Décentralisées reconnaissent la pleine participation des personnes handicapées à la vie sociale, culturelle et sportive de la Nation.

 

ARRETE INTERMINISTERIEL n°24666/2004 PORTANT APPLICATION DE LA CARTE D’INVALIDITE POUR LES PERSONNES HANDICAPEES

 

Art. 12

La carte d’invalidité des Personnes Handicapées donne droit à :

 

-      des réductions tarifaires dans les transports publics. Le Ministère chargé des Transports a la charge d’engager des négociations auprès des Coopératives de Transport.

-      des réductions dans les Structures publiques de prestations de soins de santé. Le Ministère chargé de la Santé a la charge de prévoir des dispositions pour l’accessibilité des soins et médicaments à moindre coût.

-      des allocations diverses portant essentiellement sur le volet éducation spéciale. Le Ministère chargé de l’Education Nationale a la charge de prévoir des classes spéciales et des enseignants spécialisés à cet effet.

 

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