Madagascar a signé la convention
internationale sur les droits des PH
Le
25 Septembre 2007, Son Excellence Mr Marc Ravalomanana, Président de la République de
Madagascar signait la nouvelle Convention Internationale sur les Droits Des
Personnes Handicapées ouvrant ainsi la voie à sa ratification. (http : //www.un.org/french/disabilities/convention/fact.shtml)
Cette
Convention adoptée par l’Assemblée générale des
Nations unies le 13 décembre 2006, constitue le premier texte relatif
aux Droits de l’Homme du XXIième siècle. Définie dans un esprit de
collaboration, avec la participation active de la société civile et notamment
des organisations de personnes handicapées, ce texte est né d’un triple
constat :
1/ les droits des personnes handicapées de par le
monde sont régulièrement violés. La pleine reconnaissance en qualité de citoyen
à part entière des personnes en situation de handicap reste limitée, tant dans
les Etats du Nord que du Sud.
2/ Les textes existants relatifs aux Droits de
l’Homme, textes incluant par essence les personnes handicapées, n’offrent pas
une protection suffisante non plus qu’une assise politique satisfaisante, pour
la défense des droits des personnes handicapées.
3/ Le cadre juridique international existant ne
permettait plus de refléter les évolutions dans le domaine de l’appréhension du
handicap et notamment le passage d’une vision médicale, dans le cadre de
laquelle les solutions à apporter relèvent principalement du corps médical et
s’exercent dans des institutions spécialisées, vers une approche globale
mettant l’accent sur la participation sociale de la personne handicapée et sa
nécessaire insertion dans toutes les dimensions de la vie sociale, économique
et politique.
Discrimination envers les personnes
handicapées
Ce
constat d’échec dans l’application des cadres juridiques et la reconnaissance
des droits s’accompagne en outre dans de nombreux pays d’une réalité
quotidienne marquée par de profondes discriminations envers les personnes
handicapées.
Madagascar
ne fait malheureusement pas exception à ce tableau noir.
Bien
que le Gouvernement ait adopté dès 1997 une loi sur les droits des personnes
handicapées, complétée au fil des ans par un décret puis 6 arrêtés
interministériels, les personnes handicapées restent largement victimes
d’exclusion tant en milieu urbain que rural. La majorité des adultes n’ont pas
accès à l’emploi non plus qu’à la formation professionnelle. L’accès à la
réadaptation demeure difficile et profondément inégale au regard des disparités
sociales et géographiques. Enfin, le regard porté sur la personne handicapée
reste marquée dans de nombreuses zones du pays par des traditions identifiant
le handicap comme la conséquence d’actes de sorcellerie et/ou de malédiction
ancestrale.
Enjeu d’une nouvelle législation
nationale sur les personnes handicapées
Dans
ce contexte d’inégalités profondes, où la personne handicapée demeure bien
souvent un citoyen de seconde zone, l’adoption de la Convention et sa
signature par le Gouvernement malgache, représentent un enjeu majeur. Ce
dernier est simple : comment répondre à l’égalité de droit de ces citoyens
différents mais semblables ? Comment s’assurer au-delà des discours, dans
les faits du quotidien, que tout homme, quelque soit sa condition mentale,
sensorielle et physique, bénéficie des mêmes droits et est également reconnu
dans sa communauté ?
La
réponse à ces questions sera sans doute complexe et devra associer les
dimensions sociales, politiques et économiques de la vie communautaire. A ce
titre, ces réponses devront être réfléchies de manière conjointe par l’ensemble
des acteurs du développement.
Plaidoyer pour la ratification de la
nouvelle convention
En
diffusant aujourd’hui cette Convention, nous, personnes handicapées,
représentants de personnes handicapées, organisations travaillant avec et pour
des personnes handicapées, vous demandons de bien vouloir engager cette
réflexion pour l’égalité de droits des citoyens handicapées.
Nous
souhaitons ainsi rassembler les acteurs du développement, bâtir une
compréhension commune des besoins et des droits des personnes handicapées,
rechercher de manière concertée des solutions adaptées aux réalités locales, développer
des stratégies nationales efficaces, durables et inclusives auxquelles les
différents acteurs du développement pourront apporter leurs contributions,
réformer le cadre juridique existant, établir des plans d’actions propres à
opérationnaliser les engagements politiques.